Le temps est une variable incontournable: tous ceux qui calculent leurs trajets pour être à l’heure le savent bien. Lorsqu’ils sont en retard il n’y a aucune chance qu’ils arrivent à temps, mais ils peuvent pourtant réduire le délai de retard de leur arrivée. Le temps qui passe peut être infléchi dans un sens positif ou négatif, selon la vitesse à laquelle nous traversons l’espace qui nous sépare d’un lieu à l’autre.
Le temps est aussi une valeur qui augmente ou diminue l’autre valeur qu’on lui compare. Si quelqu’un gagne 100 millions en 1 jour, c’est un pactole, s’il les amasse en 2 siècles, la devise dans laquelle il les aura amassés aura subit tant d’inflation que son argent ne vaudra rien en monnaie actuelle.
Le temps est infini, pourtant nous pouvons nous approprier une poignée de ses précieuses minutes pour réaliser quelque chose. Le temps est la valeur essentielle à l’appréciation d’une prestation sur scène, car c’est ce moment que nous voulons mettre en valeur, cette durée que nous voulons mettre en parenthèse pour les auditeurs. Si nous échouons nous aurons perdu notre temps et celui des autres.
Lorsque des sociétés complexes ont besoin de mobiliser des hommes autour d’un plan d’action établit sur une période longue ou indéterminée, le temps est un concurrent naturel à la volonté de ces hommes et en même temps, l’unique mesure de leur succès. Tandis que le temps passe, ils ont espoir que leur projet se réalisera et que leur travail sera récompensé par la réussite. Pour eux le temps est limité, il faut gagner du temps. Le temps est un révélateur. A l’aune des années et des siècles, on juge de la beauté, de la vérité de toutes choses passées sur terre, s’il en reste des traces au présent.
Si une chose est oubliée ou disparaît dans le temps, on attendra un autre temps qu’elle veuille bien refaire surface. Plus la chose aura traversé les âges, plus elle sera d’une valeur au-delà de toute proportion contemporaine de sa découverte. L’époque à laquelle la chose fut conçue devient symboliquement définie par ce temple, cette épave, ces ruines, ce livre, ces images, ces signes etc. dont la première vertu est d’effacer les mensonges et les laideurs de cette époque révolue. Car cette œuvre, qui a traversé le temps, révèle ce que son ou ses créateurs avaient peut-être caché à leurs contemporains, c’est à dire des critères de beauté, une norme de la vérité qui retentit avec plus de vigueur dans la pensée et les arts de ces modernes qui contemplent l’œuvre préservée par le temps, et ne lui trouvent que des atouts.
Pour un moment (qui dure tant qu’on le rappelle par l’écoute ou l’imagination) le temps aura soustrait les hommes du temps dont ils sont les prisonniers et les acteurs pour leur faire contempler le temps dont ils ne font plus partie mais dont, par accident, ils se souviennent et dont ils veulent connaître la fin.
Pour un moment (qui dure tant qu’on le rappelle par l’écoute ou l’imagination) le temps aura soustrait les hommes du temps dont ils sont les prisonniers et les acteurs pour leur faire contempler le temps dont ils ne font plus partie mais dont, par accident, ils se souviennent et dont ils veulent connaître la fin.
Enfin, il y a le temps de la banlieue en France un dimanche. Ce temps qui se confond avec le climat, dont on parle de façon univoque, le temps qui passe ou le temps qu’il fait c’est pareil, et ça a les mêmes effets. Ce temps est de l’ordre de la matière palpable. Chaque objet, chaque personne en est en fait une représentation, un automate même s’il n’y prend pas garde.
Ce n’est pas le temps de l’attente, qui est un moment de réparation d’un délai mal apprécié. Ni le temps du repos, qui est cet intervalle que chacun peut s’accorder, après ou avant l’action: afin de s’abstraire du mouvement pendant un moment choisi, pour récolter les fruits de la pensée et des réactions causées par le mouvement, afin de se situer en tant que corps agissant pour relancer la machine avec les paramètres nécessaires à la compréhension de notre position dans ce monde qui bouge.
C’est un temps de latence. Un moment par lequel tout transite sans règles et qui peut avoir les effets imprévisibles, météorologiques ou sismiques, selon le degré de fusion ou de liquéfaction de la matière que ce trafic aura causé aux canaux qui le forgent. Ce temps-là est celui de l’anti-création: s’il se suspendait indéfiniment figé qu’il est, parce qu’il ne va nulle part, congestionné parce qu’il raconte toujours la même histoire personne ne s’en apercevait.
Ce n’est pas le temps de l’attente, qui est un moment de réparation d’un délai mal apprécié. Ni le temps du repos, qui est cet intervalle que chacun peut s’accorder, après ou avant l’action: afin de s’abstraire du mouvement pendant un moment choisi, pour récolter les fruits de la pensée et des réactions causées par le mouvement, afin de se situer en tant que corps agissant pour relancer la machine avec les paramètres nécessaires à la compréhension de notre position dans ce monde qui bouge.
C’est un temps de latence. Un moment par lequel tout transite sans règles et qui peut avoir les effets imprévisibles, météorologiques ou sismiques, selon le degré de fusion ou de liquéfaction de la matière que ce trafic aura causé aux canaux qui le forgent. Ce temps-là est celui de l’anti-création: s’il se suspendait indéfiniment figé qu’il est, parce qu’il ne va nulle part, congestionné parce qu’il raconte toujours la même histoire personne ne s’en apercevait.
